Notre lettre 810 publiée le 3 août 2021

UNE MANIFESTATION DE PRIERE POUR LA LIBERTE DE LA MESSE TRADITIONNELLE AU COSTA-RICA

Samedi 31 juillet s'est déroulé à San José, la capitale du Costa-Rica, un temps de prière et d'interpellation devant la nonciature du Saint-Siège au Costa-Rica. Nous avons demandé à José Pablo Arias le président de l'association Summorum Pontificum de ce pays d'Amérique centrale de nous expliquer la situation qui est la leur et les actions qu'ils ont entreprises.


João Silveira -  Quel est le nom de votre groupe et comment est-il né ?

José Pablo Arias - Notre groupe s'appelle Asociación Summorum Pontificum Costa Rica, et il est né du désir de nombreux fidèles costariciens de récupérer le précieux trésor de la Sainte Messe Traditionnelle en communion visible avec les autorités ecclésiastiques de notre pays.

Il a été officiellement formé en 2016 sous la tutelle de l'Institut du Bon Pasteur de Colombie, en particulier à cette époque sous les auspices de l'abbé Grégory Lutz-Wiest et le soutien et les conseils du prêtre diocésain le Révérend Père Sixto Eduardo Varela Santamaría, sans l'aide duquel nous n'aurions pu développer notre initiative. Actuellement, le père Sixto est, à notre connaissance, le seul prêtre costaricien qui sait célébrer la messe traditionnelle et a été notre aumônier pendant les 2 dernières années.


 


João Silveira -  Combien de fidèles composent le groupe et qui sont-ils  ?

José Pablo Arias - Actuellement le conseil d'administration est composé de 7 personnes et nous avons plus de 25 laïcs directement impliqués. Lors des dernières messes qui ont pu être célébrées l'assistance a été en moyenne de 250 fidèles, surtout des jeunes ! De plus, nous avons recueilli les soutiens de plus de 500 catholiques de tout le pays et notre page Facebook compte déjà plus de 12 000 abonnés mais ce n'est qu'un début.

J'insiste sur le fait que notre groupe est composé de personnes très diverses, de différentes régions du pays, jeunes et moins jeunes mais majoritairement des jeunes et des étudiants.


João Silveira -  Pourquoi vous êtes-vous approché de la liturgie traditionnelle ?

José Pablo Arias - La valeur de la messe est infinie, donc les raisons peuvent être infinies, cependant, nous pouvons énumérer la solennité inhérente à l'action liturgique traditionnelle, la beauté suprême des rites, le silence qui facilite la communion avec Dieu, l'universalité dans l'espace et le temps qui nous unit à nos ancêtres dans la foi, l'usage du latin qui, comme le disait le Pape Jean-Paul II, suscite un profond sens du mystère eucharistique, la cohérence et la richesse du lectionnaire qui suit l'année liturgique pour nous comme c'était le cas pour nos aïeux, la primauté sans équivoque et inaliénable de Dieu, qui avec les signes auxquels nous invitent les rubriques traditionnelles, nous permettent de participer plus intensément au Saint Sacrifice eucharistique.



João Silveira - Etes-vous responsables du retour de la messe traditionnelle au Costa Rica ?

José Pablo Arias - Après le Motu Proprio Summorum Pontificum où il a été déclaré sans équivoque que le Missel de saint Pie V, qui remonte bien évidement au moins au temps de saint Grégoire le Grand, n'avait jamais été abrogé, plusieurs groupes ont émergé, intéressés par le retour de la Messe traditionnelle au Costa Rica, et ont pris en main la mise en œuvre de la célébration de la messe traditionnelle dans notre pays.

Cependant, dans notre cas, nous avons toujours essayé de faire en sorte que la messe puisse être célébrée en communion visible avec la hiérarchie ecclésiastique et en pleine harmonie avec les communautés paroissiales.


João Silveira - Quelle est la situation de la messe traditionnelle au Costa Rica ? Y a-t-il d'autres groupes et célébrations ?

José Pablo Arias - Jusqu'au vendredi 16 juillet, nous avions eu 2 célébrations hebdomadaires et une célébration dominicale à la paroisse Patriarca San José de Alajuela, offertes par le  R.P. Sixt Eduardo Varela Santamaria.

Mais c'est le dimanche 4 juillet 2021, que fut célébrée la première messe solennelle traditionnelle dans une paroisse depuis la réforme liturgique, à laquelle ont participé, outre le P. Sixto, un prêtre de l'Institut du Bon Pasteur et un diacre de la Fraternité Sacerdotale Saint Pierre, qui nous a rendu visite spécialement pour l'occasion. Ce fut une célébration sublime qui a touché toute notre communauté d'une manière spéciale.

Nous Savons par ailleurs que la Fraternité Saint-Pie X est présente au Costa Rica où elle célèbre des Messes dans la province d'Alajuela et aussi dans la province de Carthagène.



João Silveira - Que s'est-il passé après la publication du motu proprio Traditionis Custodes ?

José Pablo Arias - Le jour même de la publication, le Père Sixto et l'association ont contacté Son Excellence Monseigneur Bartolomé Buigues Oller, Evêque d'Alajuela afin que nous puissions continuer la célébration harmonieuse de la messe dans le diocèse d'Alajuela, selon l'article 3 du Motu Proprio.

Après un temps de discernement, Mgr Bartolomé a publié un décret qui interdit formellement toute célébration de la messe traditionnelle en latin. Ce décret a été précédé d'une série de directives de la Conférence épiscopale du Costa Rica, qui suivent la même ligne, une interdiction absolue et une sévérité inhabituelle face aux souhaits légitimes des fidèles, au mépris de l'art. 3 du Motu Proprio Traditiones Custodes.

Depuis, nous ne pouvons plus participer à la célébration de la messe selon l'Usus Antiquior.


João Silveira - Comment votre groupe perçoit-il ces décisions ? Quel impact cela a-t-il eu sur votre groupe ?

José Pablo Arias - Avec une grande douleur et consternation. De voir que la pastorale tant désirée par nos fidèles a été rejetée alors que par ailleurs certains insistent tant sur l'écoute que l'on doit avoir des besoins des laïcs. Nous avons enduré cette souffrance par la prière, à laquelle nous n'avons cessé de recourir depuis la publication de ces décrets. Le groupe est resté uni, essayant d'associer la douleur causée par cette épreuve aux souffrances de Notre-Seigneur sur la croix.



João Silveira - Êtes-vous déterminé à continuer à œuvrer pour le Rite Traditionnel ? Avec quelles actions concrètes ?

José Pablo Arias - Nous voudrions citer Benoît XVI qui, dans la préface de la traduction russe de ses œuvres complètes sur la liturgie, a déclaré : « La cause la plus profonde de la crise qui a affecté l'Église réside dans l'obscurcissement de la priorité de Dieu dans la liturgie [...] L'existence de l'Église vit de la bonne célébration de la liturgie et... l'Église est en danger lorsque la primauté de Dieu n'apparaît plus dans la liturgie et, par conséquent, dans la vie. »

Le Seigneur nous a montré la beauté de la liturgie traditionnelle et le rôle qu'elle joue dans le rétablissement de la crise actuelle dans l'Église, à travers de nombreux fruits spirituels que nous avons observés dans notre groupe, nous ne pouvons donc pas oublier la messe traditionnelle.

En plus de nos prières privées, nous avons organisé une journée de prière publique devant la Nonciature apostolique, au cours de laquelle le Nonce du Costa Rica nous a offert son aide pour le dialogue avec les évêques, afin que la pastorale puisse être appliquée par les art. 3 des Traditiones Custodes.

Nous poursuivrons ainsi ce dialogue et, si nécessaire, les journées de prière publique dans le respect absolu de nos autorités ecclésiastiques.

Nous ferons tout notre possible d'un point de vue canonique et spirituel pour le rétablissement de la messe traditionnelle dans l'Église visible du Costa Rica.


João Silveira - Quel message ou demande voulez-vous laisser aux catholiques du reste du monde ?

José Pablo Arias - Nous avons suivi de près les multiples réactions des évêques au Motu Proprio de S.S. Pape François à travers le monde, et nous avons constaté avec joie que la plupart des réponses ont été en faveur d'une véritable pastorale d'écoute et de respect des fidèles.

Puisque nous ne pouvons pas dire la même chose dans notre cas, nous demandons humblement votre prière, afin que l'aide divine nous soutienne dans cette épreuve, afin que nous ne cessions pas d'être fidèles au Seigneur et à son Église et que nous ayons la force de lutter pour la messe traditionnelle dans ce petit pays.


https://www.youtube.com/watch?v=1SIObGdsTwc



REFLEXIONS DE PAIX LITURGIQUE


1 - La première réflexion qui nous vient à l'esprit est de constater une fois de plus que l'intérêt pour la liturgie traditionnelle n'est pas une " Affaire franco-française" comme on le dit à Paris ou à Rome ou comme disent aujourd'hui les évêques italiens " une affaire franco-américaine" mais bien une réalité universelle... ce que nous avions publié il y a un an en constatant que la liturgie traditionnelle était désormais célébrée dans plus de 95 pays du monde : un développement qui ne va pas s'interrompre.


2 - Nous pouvons ensuite remarquer que si la liturgie traditionnelle s'est développée au Costa Rica grâce aux soins missionnaires de l'Institut du Bon Pasteur, un " Institut "ex" Ecclésia dei, il se trouve aussi au Costa Rica des prêtres diocésains gagnés par l'ouverture offerte par Summorum Pontificum qui ont dans un souci de Paix, de Foi, de charité et d'Amour de la liturgie et de l'Eglise participé à cette belle œuvre de Renaissance catholique... n'oublions pas non plus qu'au Costa Rica se trouvent aussi des prêtres et des fidèles attachés à la Fraternité Saint-Pie-X... ce qui fait que comme dans presque tous les pays aujourd'hui la liturgie traditionnelle n'est l'apanage ou la propriété d'un groupe particulier mais une richesse commune à tous les catholiques.



3 - Enfin ne faut-il pas voir dans cette manifestation improbable à l'autre bout du monde l'émergence de cette vision qu'a eu l'abbé Claude Barthe il y a trois semaines au lendemain de la publication de Traditionis custodes qu'un jour prochain ce soit devant 10, 20, 30 ou plus encore de nonciatures que des catholiques fassent monter leurs prières pour que la Paix et la Justice s'instaurent à nouveau dans l'Eglise.

Oui prions pour que soit instaurée à nouveau la " LIBERTE POUR LA LITURGIE TRADITIONNELLE " et que les amis de la Paix comprennent qu'ils ne faut pas qu'ils touchent à nos prêtres.

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