Notre lettre 1335 publiée le 23 février 2026
CONSÉCRATION D'ÉVÊQUES PAR LA FSSPX,
MGR. SCHNEIDER RÉPOND À TUCHO
LES DOCUMENTS PASTORAUX
DE VATICAN II PEUVENT ÊTRE CORRIGÉS,
SEULE LA PAROLE DE DIEU EST IMMUABLE.
Près d'une semaine après la réunion de la Fraternité Saint-Pie-X (FSSPX) au Vatican, Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana (Kazakhstan), a exprimé son désaccord avec l'affirmation du cardinal Victor Manuel Fernandez, préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, selon laquelle les textes du Concile Vatican II « ne peuvent être modifiés ». Mgr Schneider a soutenu que les expressions pastorales peuvent en effet être révisées ou corrigées.
Nous reproduisons ici la réponse de Mgr Athanasius Schneider (interview avec Robert Moynihan du 16 février 2026) à celui que tout le monde en Argentine appelle "Tucho", fils spirituel du Pape François, qui a qualifié la rencontre avec la FSSPX de cordiale, mais prévient : « Le dialogue ne reprendra que si les consécrations sont suspendues".
"L’affirmation du cardinal Fernandez selon laquelle les textes de Vatican II sont immuables est totalement erronée. Seules la Parole de Dieu et les dogmes proclamés sont inaltérables. Le concile Vatican II était pastoral ; Jean XXIII a clairement indiqué qu’il n’avait pas été convoqué pour promulguer de nouveaux dogmes, mais pour apporter des éclaircissements catéchétiques. Par conséquent, les formulations, qui ne constituent pas des enseignements définitifs, peuvent par nature être modifiées, améliorées ou corrigées. Paul VI a également réaffirmé que le concile n’avait pas l’intention de proclamer une doctrine de manière définitive. Je demanderais au cardinal Fernandez si les déclarations pastorales des conciles précédents peuvent être corrigées. Par exemple, le concile IV du Latran, en 1215, a décrété que les Juifs devaient porter publiquement un signe distinctif sur leurs vêtements afin qu'ils puissent être identifiés comme Juifs– une discrimination abominable – et que les catholiques employant des Juifs ou des musulmans comme domestiques étaient excommuniés. Je suppose que le cardinal Fernandez dirait que cela peut être corrigé. La FSSPX a raison sur ce point. On dit que certains passages de Vatican II ont donné naissance à un nouvel enseignement de l'Église qu'il convient de réinterpréter dans le respect de la tradition. Nous devons examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l'œcuménisme et la collégialité. Comme le disait Chesterton, en entrant dans l'Église, on nous demande d'ôter notre chapeau, non notre tête. Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement isolée, et la responsabilité en incomberait principalement au Vatican. J'en appelle au pape Léon XIV : qu'il tire les leçons de l'histoire et de saint Augustin, qui s'est montré généreux envers les donatistes. Nous devrions les accueillir et leur offrir au moins une intégration minimale à l'Église, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège se montre extrêmement généreux envers le Parti communiste chinois, lui permettant de choisir des candidats à l'épiscopat, alors que nos propres enfants – les milliers de fidèles de la FSSPX – sont traités comme des citoyens de seconde zone. J'espère que le pape reconnaîtra cette erreur et agira avec compassion."
Mgr Athanasius Schneider, évêque auxiliaire d'Astana (Kazakhstan)
ANNEXE
Communiqué du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
Concernant la rencontre entre le Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi et le Supérieur général de la FSSPX
Le 12 février 2026, une rencontre cordiale et sincère a eu lieu au Dicastère pour la Doctrine de la Foi entre le Préfet, S.E. le Cardinal Víctor Manuel FERNÁNDEZ, et le Supérieur général de la FSSPX, le Révérend Don Davide PAGLIARANI, avec l'accord du Saint-Père Léon XIV.
Après avoir clarifié certains points présentés par la FSSPX dans différentes lettres, envoyées notamment entre 2017 et 2019, – entre autres, la question de la volonté divine concernant la pluralité des religions a été discutée –, le Préfet a proposé un parcours de dialogue spécifiquement théologique, avec une méthodologie bien précise, sur des thèmes qui n'ont pas encore été suffisamment précisés, tels que : la différence entre l'acte de foi et l' « obéissance religieuse de l'esprit et de la volonté », ou les différents degrés d'adhésion que requiert les différents textes du Concile œcuménique Vatican II et son interprétation. Dans le même temps, il a proposé de traiter une série de thèmes énumérés par la FSSPX dans une lettre du 17 janvier 2019.
Ce parcours aurait pour objectif de mettre en évidence, parmi les thèmes débattus, les minimums nécessaires à la pleine communion avec l'Église catholique et, par conséquent, de définir un statut canonique de la Fraternité, ainsi que d'autres aspects à approfondir davantage.
Le Saint-Siège a réaffirmé que l'ordination d'évêques sans mandat du Saint-Père, qui détient une puissance ordinaire suprême, pleine, universelle, immédiate et directe (cf. CDC, can. 331 ; Const. Dogm. Pastor aeternus, chap. I et III), impliquerait une rupture décisive de la communion ecclésiale (schisme) avec de graves conséquences pour la Fraternité dans son ensemble (JEAN-PAUL II, Lett. Ap. Ecclesia Dei, 2 juillet 1988, nn. 3 et 5c ; CONSEIL PONTIFICAL POUR LES TEXTES LÉGISLATIFS, Note explicative, 24 août 1996, n° 1).
Par conséquent, la possibilité d'engager ce dialogue suppose que la Fraternité suspende la décision des ordinations épiscopales annoncées.
Le Supérieur général de la FSSPX présentera la proposition à son Conseil et donnera sa réponse au Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
En cas de réponse positive, les étapes, les phases et les procédures à suivre seront établies d'un commun accord.
Nous demandons à toute l'Église d'accompagner ce cheminement, en particulier dans les prochains temps, par la prière à l'Esprit Saint. Il est le principal artisan de la véritable communion ecclésiale voulue par le Christ.
+ Victor Fernandez




