Notre lettre 1382 publiée le 10 June 2026
PÈLERINAGE DE BEAUCE,
DANS L’OMBRE
DES GRANDS PÈLERINAGES
DE LA PENTECÔTE

Souvent – et encore il y a quelques jours dans un documentaire sorti sur Réinformation TV – ceux qui commentent l’actualité religieuse de la Pentecôte, du côté de la messe traditionnelle, ne connaissent que deux pèlerinages, celui de Notre-Dame de Chrétienté entre Paris et Chartres – 20.000 marcheurs cette année, et celui de la FSSPX de Chartres à Paris – 6000 marcheurs cette année. En réalité, depuis 2019 il y en a trois. Un plus petit marche entre Orléans et Chartres, et a fini par trouver sa légitimité – depuis deux ans, il part après une messe à la cathédrale d’Orléans, et finit à Saint-Aignan de Chartres. Il s’agit du pèlerinage de Beauce, dédié cette année pour sa 8e édition à saint Altin, premier évêque d’Orléans et de Chartres selon la tradition orale.
Le responsable logistique de ce pèlerinage le présentait en 2024 sur le Forum Catholique : « Avant tout il faut avoir en tête que - même si une première édition avait vu le jour en 2019 avec une dizaine de personnes - notre pèlerinage est un pèlerinage local qui a pris corps pendant le confinement alors que les grands pèlerinage des associations Notre Dame de Chrétienté et Pèlerinages de Tradition avaient été interdits. Il s'adresse avant tout aux orléanais et personnes habitants la région Centre.
Il s'agit d'un pèlerinage historique que nous essayons de remettre au goût du jour en tant qu'Orléanais. Mais la distance est trop longue pour être faite en 2 jours, surtout avec de jeunes enfants. Il faut donc qu'il se fasse sur un WE de 3 jours et le WE de Pentecôte est le plus adapté.
Les personnes constituant le noyau historique du pèlerinage de Beauce sont issues d'horizons différents, certains étant fidèles de la paroisse de l'ICRSP, d'autres de la FSSPX et enfin d'autres du diocèse. En revanche l'attachement à la liturgie traditionnelle est à la base de notre démarche.
Pour ce qui est de l'aumônerie, nous nous sommes tournés vers des prêtres présents sur l'orléanais qui de toute façon n'auraient pas rejoint la colonne de NDC pour des raisons pratiques (messes du samedi et du dimanche à célébrer à Orléans pour le chanoine, permanence au séminaire de Courtalain pour l'IBP) ».
Cette année, le pèlerinage partait après une messe à la cathédrale d’Orléans, la messe du dimanche soir était célébrée à Loigny la Bataille – où avait lieu le bivouac du samedi soir, et celle du lundi matin à Saint-Aignan de Chartres, située au sud du centre-ville et affectée à la FSSP – néanmoins c’était l’aumônier du pèlerinage qui célébrait. Le bivouac du dimanche soir était à proximité du terrain de motocross à Berchères les Pierres. Il a réuni de l’ordre de 130 marcheurs, hors pèlerins affectés à la logistique.
Le parcours part de la cathédrale d’Orléans après la messe, traverse le faubourg Bannier jusqu’aux Aydes, le fief communiste de Saran, « puis on coupe à travers les chemins de Beauce jusqu’à Huêtre, on bivouaque à Loigny – habituellement, c’était au Bois des Zouaves, maintenant qu’on est plus nombreux, au stade où c’est plus facile pour le couchage, et on fait habituellement la veillée au musée de la guerre de 1870 », relève un pèlerin. « Puis après la messe à Loigny on repart en direction de Voves, Theuville jusqu’à Berchères, et le lendemain on marche jusqu’à Chartres, soit 30 km le samedi, 34 le dimanche et 13 km le lundi – la messe à Saint-Aignan est à dix heures ».
Nous avons interrogé un des pèlerins, présent depuis plusieurs éditions : « Le pèlerinage de Chartres est remarquable, avec 20.000 personnes c’est une des plus grandes, sinon la plus grande manifestation tradi au monde c'est admirable mais on perd le côté humain. Ici, tout le monde se connaît, et chaque année on voit de nouvelles têtes, sans faire pour autant beaucoup de publicité. Il y a trois chapitres, principalement orléanais – à la base il s’agit d’un noyau de familles d’Orléans, de Chartres et de la Beauce qui voulaient avoir un pèlerinage à taille humaine.
Bien qu’on ait la messe d’arrivée à Saint-Aignan – on arrive le matin à Chartres, on rentre dans la cathédrale de Chartres après la messe du [grand] pèlerinage de Chartres, puis on se rassemble non loin pour un temps de convivialité, un barbecue ».
Un jour, d’autres routes convergeront vers Chartres à travers la Beauce ?
Bien qu’il soit peu connu, le pèlerinage d’Orléans à Chartres peut être une initiative pour amplifier encore un peu le succès croissante du pèlerinage de Chartres – malgré l’ouverture d’une nouvelle route et l’existence de plusieurs colonnes en décalé, chaque année, il s’agit d’un défi logistique croissant, et la barre des 20.000 pèlerins marcheurs ne semble plus pouvoir être dépassée aisément sur le trajet habituel de Paris à Chartres – d’autant que plus au nord, dans le sens contraire, il y a le pèlerinage de la FSSPX (passant par Gallardon, Sonchamp au sud de Rambouillet, le Trou Moreau entre Villepreux et Fontenay le Fleury, Bailly de l’autre côté de la plaine de Versailles et redescendant à Paris le long de la ligne L jusqu’au Bois de Boulogne et la place Vauban).
En revanche le pèlerinage de Beauce peut encore croître, et d’autres routes peuvent être ouvertes pour permettre à toujours plus de pèlerins tridentins de rejoindre Chartres à travers la Beauce, en associant les dessertes traditionnelles locales et les nombreux clercs qui accompagnent le pèlerinage. Ainsi, de Blois à Chartres, il y a 101 km à pied via Châteaudun, du Mans à Chartres 119 km via la Ferté Bernard, de Sées à Chartres 108 km – le lieu de la messe de départ est tout trouvé, avec l’école de la Croix des Vents (FSSP), d’Evreux à Chartres, 74 km via Dreux et la chapelle funéraire des Orléans, de Mantes la Jolie à Chartres 70 km, de Montargis à Chartres via Pithiviers, 113 km, de Fontainebleau à Chartres 96 km via Etampes… A travers la Beauce, le Perche, le Gâtinais ou la vallée de Chevreuse, au cœur de l’Histoire de France, que cent fleurs s’épanouissent, que cent routes rivalisent !
Un pèlerinage d’hiver à Loigny la Bataille
Le même groupe qui est à l’origine du pèlerinage de Beauce organise un autre pèlerinage l’hiver, autour de la bataille de Loigny. « Le noyau dur est composé de gens qui sont beaucerons depuis des siècles, et la bataille de Loigny, l’épopée des zouaves pontificaux, c’est une Histoire que nous entendons continuer à faire vivre. Depuis plusieurs années on organise aussi un pèlerinage d’hiver début décembre, on part de Saint-Péravy la Colombe [au sud de Patay et au nord-ouest du Loiret] où on célèbre une messe à 14 heures le samedi, pour marcher à travers les chemins boueux de la Beauce jusqu’à Loigny où a lieu la veillée, le dimanche matin on y célèbre une messe – toujours en rite traditionnel – et on assise aux commémorations officielles ». Ce pèlerinage a rassemblé 100 personnes, enfants compris, lors de la dernière édition en 2025.





