Notre lettre 1039 publiée le 17 mai 2024

CORREF et PROMESSE D'EGLISE...
VOUS CONNAISSEZ ?
APRES UNE EGLISE DEVENUE SANS DROIT
L'HORREUR D'UNE EGLISE SOUS CONTROLE

LA NOUVELLE CHRONIQUE
DE PHILIPPE DE LABRIOLLE
VERONIQUE MARGRON EST-ELLE
AUX COMMANDES DE L'EGLISE DE FRANCE ?



La CORREF, par cet acronyme peu intuitif, désigne la Conférence des Religieux et Religieuses de France. Concrètement, c’est le mirador dont Véronique Margron domine les communautés religieuses françaises des deux sexes qui ont eu, à l’unanimité s’il vous plait, l’idée folle d’en faire leur souveraine en 2016 ; et, en 2021, d’en reconduire le règne jusqu’en 2025. L’Eglise est une monarchie élective au sommet ; pourquoi pas à l’entresol ?

Coiffée à la garçonne, allergique à l’habit religieux, d’une présentation (de Tours) dont la bienséance ne peut taire l’ingratitude, notamment face à l’élégant Jean Marc Sauvé, la Margron, pour porter la flamme des religieux de l’Hexagone comme des sportifs prestigieux dressent la flamme olympique, doit avoir un « je-ne-sais-quoi », qui ne se voit pas, sauf parfois, dans l’entre soi…

Conjecturer une erreur de casting, ne serait-ce pas faire offense à l’intégralité des grands électeurs de nos monastères et autres officines de vie consacrée ? Que le discernement des Supérieurs fût obéré, et par quel malheur ou malédiction, lorsque le vote imposa l’élue, qui plus est réélue cinq ans plus tard, l’hypothèse-refuge est, concédons le, caduque. De l’ensemble qu’elle coiffe, Véronique Margron, est l’image. Pathétique.

La CIASE et son rapport controversé ont fait, en octobre 2021, l’objet d’une exposition médiatique qui a rendu fameuse la figure de l’ancien haut-magistrat Jean Marc Sauvé, et celle de cette « religieuse » acolyte improbable qui partageait, de la voix, et d’un langage corporel travaillé, une consternation commune. Mais, en battant la coulpe de l’Institution-Eglise, les huissiers de la désolation se gardaient bien d’écorner le prestige des évêques de France dont ils tenaient leur mission. Quel talent d’esquive !

L’esprit synodal, avatar de l’esprit du concile Vatican II, ne pouvait rêver d’une pareille aubaine. Déconsidérer l’Eglise, et pour tout dire la salir globalement, ou encore prétexter une saleté incrustée et systémique, n’était-ce pas un préalable idéal, au moment précis où un lobby clérical tentait, en interne, de la détruire à moindres frais ? Dans la cité terrestre, on sait y faire pour dégrader l’image de l’adversaire : a-t-on trouvé plus efficace que de suspecter ses mœurs devant le tribunal médiatique ?



Venons-en à « Promesses d’Eglise », organe de la CORREF (Conférence des Religieux et Religieuses de France, pour mémoire). La patronne, revenue de sa stupeur, de l’accablement, bref de toutes les figures imposées par la vergogne, s’est mise au travail. Un plan d’action, en date du 14 avril 2024, expose, en pleine lumière, la transparence que la Margron entend imposer à ses subordonnés. La vieille méthode marxiste des objectifs étagés, cumulatifs jusqu’à l’utopie, donc hors d’atteinte concrète, est ici recyclée.

Lutter contre les abus sexuels, qui est contre ? A part, in petto, les abuseurs, qui n’auront qu’à rejoindre officiellement la lutte et passer ainsi pour blancs comme neige. Plus sérieusement, libérer la parole, soit, mais ce que dit la parole mérite une instruction, laquelle postule une mise en doute minimale. Offrir de l’écoute, c’est bien. Adhérer sans instruction, c’est soit du parti-pris, soit de l’emprise non détectée.

Lutter contre l’emprise, c’est déjà plus ambitieux. L’emprise est un concept polémique, car c’est une action sans sujet. Dans le bocage mayennais ou berrichon, personne ne se revendique sorcier. Mais on trouve sans peine des « désencrouilleurs » qui prétendent avoir le pouvoir de libérer celui qui se croit victime d’un mauvais sort, trop mauvais donc pour être dû au seul hasard. Don Quichotte, apercevant des géants, les charge vaillamment. En approche, il se trouve face à des moulins, et s’avise que, certainement, des sorciers ont changé les géants en moulins. Des rêves d’héroïsme du sympathique hidalgo, on s’amuse. Des mystérieuses et invérifiables traditions du bocage, l’Eglise, loin de les tourner en dérision, conjurait l’emprise ; en offrant une alliance par des sacrements et des sacramentaux. Quand le réel est indécidable, revenir aux fondamentaux, et à l’action certainement positive.

Que peut offrir loyalement Promesses d’Eglise, dont la dénomination exhibe les prétentions refondatrices ? Il n’y a pas d’effet d’emprise sans un consentement à l’emprise. Pour y comprendre quelque chose, il faut parler d’un couple fonctionnel, par lequel un séducteur passe, aux yeux de l’autre, pour le séduit, par des qualités flatteusement notifiées, et reçues comme un hommage. S’en suit un consentement à cette relation bienveillante. Lequel consentement, flatteur par l’élection qui distingue et honore, cesse quand l’élu réalise avec amertume qu’il n’est pas le seul élu…Bref, lorsque la déception frise l’insupportable, il est plus simple de dénier son propre désir d’intensité affective, et d’imputer la responsabilité de sa souffrance à celui dont on espérait tout, c’est-à-dire trop. Tout cela est vieux comme le monde, ce que Promesses d’Eglise ne peut ignorer de bonne foi. La promesse est donc, soit prométhéenne, à ramener sur terre, soit mensongère, à dénoncer. C’est ici chose faite.

Sauf à généraliser une écologie de la défiance ubiquitaire en milieu monastique, l’autorité locale est en charge du dépistage de désordres éventuels. La vie chrétienne est familière des multiples gestes barrières par lesquels la paix intérieure fait son chemin, et a fortiori en milieu religieux. Mais le regard qualifié d’une autorité légitime, vigilante sans obsession ni agressivité, peut rectifier sans blesser, et ainsi contribuer à la sécurité intime. Si besoin, agir tôt, à bon escient. Un supérieur qui ne sait pas faire cela n’est pas à sa place. L’abondant et tragique rapport sur les dérives de la Communauté Saint Jean établit que l’ancien évêque d’Autun, abondamment alerté, s’est déshonoré par son inertie. L’actuel évêque d’Autun, Mgr Rivière, excipe de son estomac fragile pour remiser les courriers d’imploration. On croit rêver !

Autorité ? Ah, le vilain mot. Telle est la cible ultime de « Promesses d’Eglise ». Il ne s’agit pas, rassurez-vous, de contester l’autorité de Véronique Margron, pas plus que celle d’aucun évêque français (à part, Dieu merci, celle de Mgr Barbarin, exilé trop tôt après qu’il en ait exilé d’autres). On peut douter de tout, sauf de la légitimité des déconstructeurs. Car il faut que la contre-Eglise soit en ordre de marche. Et que le plan d’action s’applique sans défaillance, parallèlement à la deuxième vague synodale.

Par le baptême, dont les vœux monastiques sont un prolongement, chacun est prêtre, prophète et roi. Pas un mot sur le ministère sacerdotal. Pas un mot sur les prévarications épiscopales, dommages collatéraux d’un casting d’insignifiants. De quel ordre, autre vieillerie aristotélicienne, rechercher la tranquillité ? Fragiliser les élites ? Exporter la démocratie chez le pays voisin fut une vieille recette géopolitique, pour en affaiblir la vitalité politique. Mais les actuels Supérieurs sont eux-mêmes des élus. Pourquoi les suspecter d’incompétence ou de passivité a priori, sinon pour pratiquer une mise en tutelle que les Constitutions de leur Ordre n’ont pas prévue ? Disons-le clairement, le plan de la CORREF a l’air d’une arnaque ; il parle le langage de l’arnaque ; il promet la gloire comme le serpent au jardin d’Eden. Ne nous y trompons pas : c’est une arnaque !


Dr. Philippe de Labriolle

Psychiatre Honoraire des Hôpitaux

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